
Certaines collaborations semblent évidentes. D’autres paraissent totalement improbables… jusqu’au moment où elles prennent vie. Entre H. Moser & Cie. et Reebok, personne n’avait réellement imaginé un terrain commun. Et pourtant, à y regarder de plus près, les deux marques partagent une même philosophie : celle des outsiders capables de casser les codes sans jamais sacrifier leur identité.
L’une cultive depuis plusieurs années une forme de haute horlogerie décalée, intelligente et parfois irrévérencieuse. L’autre a marqué durablement la culture populaire avec des créations devenues cultes. À la fin des années 80, la Reebok Pump n’était pas seulement une basket innovante. Elle incarnait une époque. Une attitude. Un geste presque addictif.

Appuyer sur ce fameux bouton orange pour gonfler la chaussure faisait partie intégrante de l’expérience. Plus qu’un réglage, c’était une interaction physique avec l’objet. Une manière de créer un lien immédiat entre technologie, plaisir et personnalité.
Avec la nouvelle H. Moser & Cie. Streamliner Pump dévoilée à l’occasion de Watches and Wonders 2026, H. Moser & Cie. décide de transposer cette gestuelle iconique dans un territoire où personne ne l’attendait : celui de la haute horlogerie mécanique.
Une montre mécanique que l’on remonte… en appuyant sur un bouton

Dans une industrie horlogère où l’innovation consiste souvent à complexifier toujours davantage les mouvements, la Streamliner Pump choisit une autre voie : celle du jeu.
Le principe est aussi simple que brillant. À la place d’une couronne classique, H. Moser & Cie. intègre un poussoir en aluminium anodisé orange directement inspiré du système Pump de Reebok. Chaque pression transmet alors de l’énergie au ressort de barillet afin de remonter le mouvement mécanique.
Le résultat dépasse largement le simple clin d’œil marketing.

Car derrière cette idée presque ludique se cache une véritable réflexion mécanique. Une pression permet déjà de générer plus d’une heure de réserve de marche. Et même une fois le ressort totalement armé, rien n’empêche de continuer à appuyer. Juste pour le plaisir du geste. Parce qu’au fond, c’est précisément ce que célèbre cette montre : le rapport émotionnel et tactile que nous entretenons avec les objets.
Dans un univers parfois devenu trop sérieux, H. Moser & Cie. réintroduit ici une notion devenue rare : l’amusement.
Un calibre entièrement repensé pour accueillir le système Pump

Pour donner naissance à cette complication atypique, la manufacture n’a évidemment pas simplement greffé un poussoir sur un mouvement existant.
Le calibre automatique HMC 500 a été profondément retravaillé afin de devenir un mouvement manuel spécifiquement pensé autour du système Pump. Rebaptisé HMC 103, ce moteur manufacture conserve l’ADN minimaliste cher à H. Moser & Cie. tout en intégrant cette architecture mécanique totalement inédite.
Visible à travers le fond saphir, le mouvement dévoile des ponts partiellement squelettisés et une construction allégée qui met particulièrement en valeur la cinématique du mécanisme de remontage.

La réserve de marche atteint un minimum de 74 heures, tandis que le spiral Straumann® original rappelle l’expertise historique de la maison dans la fabrication d’organes réglants.
Comme souvent chez Moser, la sophistication technique ne cherche jamais à devenir démonstrative. Elle reste subtile, presque confidentielle, réservée à ceux qui prennent réellement le temps d’observer.
Une matière rarement vue en horlogerie : le quartz forgé
La surprise ne s’arrête pas au mouvement.
Pour habiller cette Streamliner Pump, H. Moser & Cie. fait appel à un matériau encore extrêmement rare dans l’univers horloger : la fibre de quartz forgée.

Plus claire et plus homogène visuellement que la fibre de carbone, cette matière offre une liberté esthétique particulièrement intéressante. Résistante aux UV et capable d’accueillir différentes teintes, elle permet surtout d’obtenir ces motifs moirés uniques qui donnent à chaque boîte une identité visuelle légèrement différente.
Le processus de fabrication est complexe. Les segments de fibre sont disposés dans un moule, compressés puis associés à une résine injectée avant de subir plusieurs phases de cuisson. Le résultat donne naissance à un boîtier à la fois technique, léger et étonnamment organique dans son apparence.

Deux versions limitées à 250 exemplaires chacune sont proposées :
- une référence noire avec cadran noir poli et bracelet caoutchouc noir ;
- une référence blanche avec cadran blanc poli et bracelet caoutchouc blanc.
Dans les deux cas, le boîtier de 40 mm conserve les lignes fluides emblématiques de la collection Streamliner tout en affichant une présence extrêmement contemporaine.
Une esthétique radicale mais parfaitement maîtrisée

La force de cette Streamliner Pump réside également dans sa cohérence esthétique.
Tout dialogue ici autour du contraste entre sophistication horlogère et culture sneaker. Les surfaces polies des cadrans laqués répondent à la texture mate du quartz forgé. Les aiguilles dotées d’inserts en Globolight® s’illuminent d’un vert intense dans l’obscurité tandis que l’indicateur de réserve de marche orange rappelle immédiatement le célèbre bouton Pump.

Même le bracelet intégré en caoutchouc participe à cette identité hybride, à mi-chemin entre haute horlogerie contemporaine et univers sportswear premium.
Malgré son design très affirmé, la montre conserve une vraie élégance grâce au travail sur les proportions. Avec seulement 11,4 mm d’épaisseur, la Streamliner Pump reste étonnamment fine au regard de sa construction complexe.
Une collaboration qui dépasse le simple exercice marketing
Dans l’horlogerie moderne, les collaborations se multiplient parfois au point de perdre tout sens. Beaucoup ressemblent davantage à des opérations de visibilité qu’à de véritables dialogues créatifs.

Ici, le sentiment est différent.
Parce que cette Streamliner Pump ne cherche jamais à singer l’univers sneaker. Elle s’en inspire intelligemment pour créer une expérience horlogère réellement nouvelle.
Edouard Meylan, CEO de H. Moser & Cie., résume d’ailleurs parfaitement cette philosophie en revendiquant une forme de « sophistication qui sourit ». Une définition particulièrement juste de cette création capable d’associer haute technicité, second degré et véritable proposition horlogère.

Même la sneaker développée conjointement par les deux marques pour les clients de la montre prolonge cette idée de dialogue créatif entre les deux univers.
La montre devient chaussure. Puis la chaussure redevient montre.
Une horlogerie qui remet l’émotion au centre
Avec cette Streamliner Pump, H. Moser & Cie. rappelle finalement une évidence souvent oubliée : une montre ne doit pas seulement impressionner. Elle doit aussi provoquer quelque chose.

Un sourire. Une curiosité. Une interaction. Une envie presque enfantine d’appuyer sur ce fameux bouton orange encore et encore.
Dans une industrie où l’innovation se mesure souvent en nombre de complications, cette création démontre qu’il reste encore un immense territoire à explorer : celui de l’émotion ludique.
Et si le véritable luxe moderne consistait précisément à ne plus avoir peur de jouer ?



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