Il aura suffi d’un partenaire pour déplacer le centre de gravité d’une collection réputée pour son équilibre. Avec Bamford Watch Department, la Highlife Chronograph Automatic s’est vue proposée dans une lecture plus sombre, plus tranchante, où la monochromie sert autant le style que la lisibilité. Dévoilée à la Dubai Watch Week 2025 , cette édition spéciale joue le contraste à plein régime, sans renier le fond horloger qui fait la crédibilité de la ligne Highlife.

Une collaboration qui assume la rupture, sans trahir l’ADN
Depuis 2009, Bamford s’est imposé comme l’un des grands noms de la personnalisation et de la réinterprétation contemporaine, souvent à travers des partis pris radicaux. Pour Frédérique Constant, la démarche a été assumée comme une sortie de zone de confort, avec une ambition claire : faire émerger une Highlife différente, plus impertinente, tout en conservant la rigueur “Swiss Made” au cœur du projet.

La Highlife, née en 1999 et relancée en 2020, a toujours été pensée comme une montre de vie, capable d’alterner les contextes — bureau, loisirs, sport, soirée — sans changer de personnalité. Ici, cette polyvalence est poussée plus loin : l’esthétique est durcie, mais la vocation “au quotidien” est conservée, notamment grâce à une offre de bracelets généreuse et cohérente.

Le boîtier : titane grade 2, cristallisation thermique et DLC noir
La première rupture se lit au boîtier. Réalisé en titane grade 2, il est annoncé avec un motif cristallisé obtenu par traitement thermique, puis associé à un revêtement DLC noir. Le résultat attendu n’est pas seulement visuel : la surface se veut vivante, minérale, unique, tout en conservant la légèreté et la résistance propres au titane.

Côté proportions, la montre est annoncée à 41 mm de diamètre pour 14,62 mm d’épaisseur, avec un verre saphir bombé traité antireflets. L’étanchéité est donnée pour 10 ATM / 100 mètres, un niveau cohérent avec une pièce pensée pour être portée “sans précaution excessive”, y compris lorsque le chronographe devient un compagnon de terrain.

Le fond est vissé, gravé et laissé transparent. Un saphir à traitement fumé a été retenu, afin de prolonger l’univers sombre de la montre jusqu’au mouvement.

Le cadran : monochrome maîtrisé, ponctué de turquoise
Le cadran est annoncé noir, à finition mate, encadré par un anneau extérieur noir gradué en blanc et bleu turquoise. Les index appliqués argentés structurent l’ensemble, tandis que les aiguilles heures/minutes argentées reçoivent un traitement luminescent blanc.

Le turquoise, signature graphique de cette édition, est utilisé comme une ponctuation fonctionnelle : il vient dynamiser la lecture des indications chronographe et offrir une hiérarchie claire dans l’information. La trotteuse centrale de chronographe, argentée et turquoise, devient un véritable trait de lumière sur fond noir, et les compteurs — petite seconde à 9 h, 30 minutes à 3 h, 12 heures à 6 h — reprennent le même langage chromatique.

À l’usage, cette logique est particulièrement pertinente sur un chronographe : l’information doit être “saisie” d’un coup d’œil, surtout lorsque la mesure est en cours. Ici, l’effet “outil” est renforcé sans basculer dans l’excès, grâce à un cadran qui reste lisible et équilibré.
Le mouvement : FC-391, un cœur conservé, une légitimité assumée
Si l’habillage a été réécrit, le moteur, lui, a été conservé. Le calibre FC-391 est annoncé comme un chronographe automatique, donné pour 60 heures de réserve de marche, cadencé à 28’800 alternances/heure, avec 26 rubis, et décoré de côtes de Genève. L’origine du mouvement est attribuée à la Manufacture La Joux-Perret.

Ce choix est révélateur : une édition au design audacieux peut séduire par son style, mais elle s’inscrit durablement lorsqu’une base mécanique solide est maintenue. Le fond saphir fumé permet d’ailleurs d’observer la décoration, rappelant que l’objet reste d’abord une montre, avant d’être un manifeste esthétique.
Trois bracelets pour une Highlife réellement polyvalente
La Highlife a été pensée dès l’origine comme une collection “interchangeable”, et cette édition Bamford pousse la logique jusqu’au bout. Un bracelet en caoutchouc noir est livré d’origine (coutures ton sur ton, boucle ardillon), accompagné de deux alternatives : un caoutchouc bleu turquoise et un cuir de veau noir finition nubuck.

Derrière l’effet “générosité”, c’est surtout une cohérence d’usage qui est recherchée : caoutchouc noir pour la sobriété, turquoise pour l’affirmation graphique, nubuck pour une lecture plus urbaine et textile. La même montre peut ainsi changer de registre sans changer de personnalité.
Prix, référence et disponibilité
Cette Highlife Chronograph Automatic Bamford Special est annoncée en édition limitée à 100 exemplaires. La référence communiquée est FC-391BBL4NH1C, pour un prix public indicatif de 4’495 €.

Dans un marché où la collaboration est souvent réduite à un exercice cosmétique, cette proposition se distingue par un travail réel sur la matière (titane cristallisé), la cohérence visuelle (noir + turquoise), et le maintien d’un contenu mécanique crédible. Une Highlife différente, mais reconnaissable, et surtout pensée pour être portée.



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