Baselworld nous a permis cette année de découvrir et d’essayer la gamme complète de la dernière création sortie de l’imagination de Fabien Lamarche et de son équipe, la 1588 Sport.
Pour les amateurs de la jeune manufacture, ce nouveau modèle peut étonner au premier abord en comparaison des lignes fluides auxquelles elle nous avait habitués. Avec un parti pris de design du boîtier plus brut et anguleux jusqu’aux aiguilles bleuies évidées, assortie en outre d’un bracelet métal original, cette 1588 est également la première montre à mouvement automatique de la marque.
Toutefois, si l’on y retrouve ainsi une réminiscence des codes de l’univers steampunk cher à son concepteur, le cadran à cartouches séparés et les indications d’heures en chiffres romains nous ramènent bien aux canons traditionnels de la collection 3 aiguilles Manufactura 1528, jusqu’au petit guichet d’indicateur de service au-dessus de l’axe central. Un protège-couronne destiné à prévenir les chocs a cependant été discrètement ajouté sur sa carrure et elle est de plus étanche à 100 mètres.
Entre héritage classique et look rétro-futuriste assumé, la 1588 profite également de la légèreté du titane pour se faire mieux oublier au poignet. L’or s’invite aussi pour de jolies combinaisons bicolores sans être pour autant tape-à-l’œil. Une version tout titane est disponible mais les alternances dans les versions avec or rouge, jaune et gris sont très réussies.
Destinée dans sa conception à une clientèle dynamique aisée, cette montre à vocation sportive présente en outre la particularité d’être personnalisable. Le fond transparent laisse en effet admirer une magnifique masse oscillante qui permet certes le remontage automatique du mouvement jusqu’à 55 heures de réserve de marche mais autorise également l’inscription en émail grand feu sur fond or de données propres à l’acquéreur. L’idée première de Fabien Lamarche étant orientée sur le monde automobile – ce que l’on retrouve dans le motif du bracelet en imitation de sculpture de pneu – c’est la suggestion d’une plaque d’immatriculation miniaturisée qui a été retenue sur les prototypes et les modèles d’exposition. Mais rien n’empêche bien sûr d’y faire figurer prénom, date de naissance ou toute autre indication selon les souhaits du futur propriétaire.
Au porter, la 1588 Sport est étonnante de légèreté et de tenue. Ses 41 mm de diamètre et son bracelet articulé en font une montre facile à porter en toutes conditions, y compris pour les femmes. Elle laisse en même temps une impression de solidité et de finesse. Une fois passée au poignet, il faut avouer que l’on rechigne beaucoup à s’en séparer… A essayer absolument et sans a priori pour se faire sa propre idée et craquer !
Outre ce nouveau modèle, nous avons pu apprécier quelques pièces uniques qui illustrent le niveau que les artisans d’art de la manufacture ont atteint, à commencer par Jean-Paul, le maître-émailleur de l’équipe julien Coudray 1518.
L’idée première du «Jaseur Boréal» est de Fabien Lamarche lui-même, à preuve son dessin original comme souvent conservé dans son livre d’esquisses.
De l’idée à la réalisation sur la base de la Manufactura 1528 en or rouge, tout un travail de recherche des couleurs originales et des poudres à utiliser est nécessaire afin de les restituer ensuite le plus fidèlement possible en «point-à-point» au fil de cuissons successives à grand feu en émail sur émail.
C’est de cette façon que l’on obtient une reproduction lumineuse et quasi-inaltérable, plus vivace et plus naturelle encore qu’une peinture. Point remarquable : aucune laque ou dépôt chimique n’est utilisé dans cette réalisation.
Même technique pour cette reproduction d’une peinture de roses à l’aquarelle de Pierre-Joseph Redouté (1759-1840), dit le «Raphaël des fleurs».
Cette fois dans la technique de la grisaille, une version «Ange et Démon» qui fait suite à la pièce «Amour et Psyché». Sur un fond d’émail rouge déposé sur le cadran en or guilloché à la main, le dessin est réalisé en émail noir et les reliefs en émail blanc avec des dégradés de tons.
Au moins aussi impressionnante et autre facette du talent d’artiste de Jean-Paul, cette reproduction en émail d’un tableau qu’un amateur, propriétaire de l’original, a demandé de reproduire en miniature sur le cadran de sa Manufactura 1528.
L’extrême difficulté de cette pièce unique a résidé dans la restitution des parties de tableau émaillées en « point-à-point » sur les plaques d’index. Celles-ci sont en effet cuites séparément du cœur de cadran et doivent pour autant rester dans les mêmes teintes et dans la continuité des contours du dessin ! Une véritable prouesse qui n’admet aucun raté, sauf à recommencer chaque élément qui n’entrerait pas en harmonie avec l’ensemble.
Hormis ces nouveautés, nous ne résistons pas au plaisir de vous remontrer le modèle 1548 avec petite seconde !
Même si certains se contenteraient peut-être d’une paire de boutons de manchette, pour l’instant encore réalisés en pré-séries…
Vous pouvez retrouver l’histoire, les collections et les métiers de la manufacture sur le site julien Coudray 1518
Un grand merci comme d’habitude à Isabelle Comte-Béliard ainsi que nos meilleurs souvenirs à Jean-Paul et toute l’équipe du Locle !
Pour Passion Horlogère : rédaction Luc J. / photographies Michel P.V.
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