
Certaines montres donnent l’heure. D’autres racontent une histoire. Et puis il y a celles qui ouvrent un portail vers un autre univers.
Avec la HM12 The Guardian, MB&F ne présente pas simplement une nouvelle Horological Machine. La manufacture genevoise inaugure sa troisième décennie d’existence avec un objet qui résume vingt ans de création sans compromis, un manifeste mécanique où l’imaginaire de l’enfance rencontre la haute horlogerie contemporaine.

À première vue, l’ensemble surprend. Une montre-bracelet futuriste dont le visage évoque celui d’un robot. Un imposant compagnon mécanique de près de quarante centimètres de haut destiné à accueillir la montre lorsqu’elle quitte le poignet. Près de 1 500 composants réunis dans une création qui brouille volontairement les frontières entre garde-temps, sculpture cinétique et œuvre d’art mécanique.
Chez MB&F, l’horlogerie n’a jamais été une simple affaire de mesure du temps. La HM12 The Guardian en apporte une nouvelle démonstration.
Quand les rêves d’enfance deviennent de la haute horlogerie

Depuis la création de MB&F en 2005, l’univers de Maximilian Büsser puise largement dans les souvenirs d’enfance, les films de science-fiction et les robots qui peuplaient les chambres des générations des années 1970 et 1980.
Cette influence s’est exprimée à de nombreuses reprises au travers des Horological Machines. Mais avec The Guardian, elle atteint sans doute sa forme la plus aboutie.
Le point de départ du projet tient en une question aussi simple qu’audacieuse : « Et si la tête d’un robot était une montre ? »

Cette idée, qui aurait pu rester un simple croquis griffonné dans un carnet, a donné naissance à plus de quatre années de développement, mobilisant les équipes de MB&F autour d’un projet devenu progressivement bien plus ambitieux qu’une simple montre anniversaire.
Le résultat est fascinant : la HM12 ne se regarde pas comme un garde-temps traditionnel. Elle se découvre d’abord comme un visage.
Un visage mécanique qui vous regarde

La première rencontre avec la HM12 est déroutante.
Deux grands affichages occupent la place des yeux. À gauche, les heures sautantes instantanées. À droite, les minutes traînantes. En dessous, le micro-rotor double face adopte la forme de l’emblématique astérohache MB&F et compose une bouche mécanique en mouvement permanent.
Au sommet de cette tête robotique trône un spectaculaire tourbillon volant. Visible à travers les multiples surfaces en saphir qui composent le crâne de la montre, il joue symboliquement le rôle du cerveau du robot.
Cette architecture tridimensionnelle constitue l’une des signatures historiques de MB&F. Mais ici, elle atteint un niveau d’intégration rarement observé. Chaque composant participe autant à la narration qu’à la fonction horlogère.
La montre ne ressemble pas à un robot.
Elle est littéralement conçue comme un robot.
La visière : une complication inédite

S’il fallait identifier l’élément le plus surprenant de cette HM12, ce serait sans doute sa visière mobile.
Actionnée par une couronne dédiée, elle peut progressivement masquer ou dévoiler le visage de la montre. Le porteur contrôle librement son ouverture et peut l’immobiliser à n’importe quelle position.
Ce qui pourrait sembler être un simple artifice esthétique constitue en réalité une prouesse mécanique à part entière.

Plus de 200 composants sont exclusivement dédiés à cette fonction indépendante du mouvement principal. Un chiffre qui dépasse à lui seul la complexité de nombreuses montres mécaniques complètes.
Chez MB&F, la mécanique n’est jamais gratuite. Elle sert toujours un récit. Ici, la visière protège symboliquement le visage du Guardian tout en transformant radicalement l’expression de la montre.
Le résultat est presque vivant.
Une mécanique entièrement développée en interne

Derrière son apparence ludique, la HM12 cache une réalisation horlogère particulièrement sérieuse.
Son mouvement manufacture entièrement développé en interne totalise 646 composants et offre une confortable réserve de marche de 84 heures. Il intègre un tourbillon volant, un micro-rotor double face, un affichage par heures sautantes et minutes traînantes ainsi que le système de visière breveté.
Le revers de la montre révèle une autre facette de la personnalité MB&F.

Alors que la face avant revendique son esthétique futuriste, le dos adopte un langage beaucoup plus classique. Les ponts sont minutieusement finis à la main, la platine présente un grainage raffiné et le rotor bénéficie d’un spectaculaire guillochage sphérique réalisé en collaboration avec le maître horloger indépendant Kari Voutilainen.
Cette dualité entre futur et tradition résume parfaitement l’identité de MB&F depuis ses débuts.
The Guardian : bien plus qu’un présentoir

La véritable originalité du projet apparaît lorsque la montre quitte le poignet.
Grâce à un système de retrait rapide, la HM12 vient prendre place sur la tête de The Guardian, un robot développé avec le concours de L’Épée 1839.
Mais parler de support serait réducteur.
The Guardian possède sa propre personnalité mécanique.

Constitué de 755 composants, il intègre un thermomètre mécanique placé au centre de sa poitrine, une loupe logée dans son bouclier pour observer les détails du mouvement ainsi qu’une lampe UV destinée à révéler les effets du Super-LumiNova.
Même le bracelet de la montre trouve sa place dans un tiroir dissimulé à l’intérieur du socle.
Tout a été pensé pour faire de The Guardian un prolongement naturel de la montre et non un simple accessoire.
Une déclaration d’intention pour la troisième décennie de MB&F

Initialement imaginée pour célébrer les vingt ans de la marque, la HM12 The Guardian arrive finalement au moment où MB&F entame sa troisième décennie. Un calendrier qui paraît aujourd’hui particulièrement pertinent.
Cette création rassemble en effet tout ce qui a construit la réputation du laboratoire horloger genevois : l’inspiration science-fiction, l’ingénierie radicale, les finitions de très haute horlogerie, l’émotion ludique et la capacité unique à raconter des histoires à travers des objets mécaniques.
Produite en seulement 36 exemplaires répartis entre trois versions Blue, Purple et Green, la HM12 The Guardian n’a jamais eu vocation à devenir une montre de grande diffusion.
Elle est avant tout une déclaration.
Une démonstration que l’horlogerie indépendante peut encore surprendre, émerveiller et repousser les limites de ce que l’on considère habituellement comme une montre.
Notre avis
La HM12 The Guardian ne cherche pas à séduire tout le monde. Elle ne suit aucune tendance, ne répond à aucun cahier des charges marketing et n’obéit à aucun standard du marché.
C’est précisément ce qui la rend fascinante.

Dans un univers horloger où l’innovation se mesure souvent en millimètres ou en matériaux, MB&F continue d’explorer un territoire plus rare : celui de l’imaginaire.
Avec The Guardian, la marque ne crée pas simplement un garde-temps exceptionnel. Elle construit un personnage, un compagnon mécanique et un récit complet.
Et dans une industrie parfois trop rationnelle, cette capacité à faire rêver reste probablement la complication la plus précieuse de toutes.



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