Présentées à l’approche de l’été, les NOMOS Glashütte Ahoi neomatik Ciel et Sable auraient facilement pu être cataloguées comme deux nouvelles montres de saison. Quelques mois plus tard, leur véritable intérêt apparaît pourtant ailleurs. Avec 36,3 mm de diamètre, à peine plus de 9 mm d’épaisseur, une étanchéité à 200 mètres et le calibre manufacture DUW 3001, elles proposent une interprétation singulièrement élégante de la montre sportive du quotidien.

Il y a parfois une différence entre la manière dont une montre est présentée au moment de son lancement et ce qu’elle devient une fois l’effet de nouveauté dissipé. Lorsque NOMOS Glashütte dévoilait en juin dernier les Ahoi neomatik Ciel et Sable, la manufacture saxonne mettait naturellement en avant les beaux jours, les baignades et les couleurs des vacances. La communication officielle de la marque évoquait la mer, une chemise en lin passée après la baignade et deux cadrans inspirés du ciel et des rivages ensoleillés. En octobre, cette lecture n’a plus vraiment lieu d’être. Et c’est peut-être tant mieux.


Car débarrassées de leur habillage estival, les deux Ahoi révèlent ce qui constitue probablement leur principal intérêt : leur polyvalence. Une montre automatique véritablement sportive, suffisamment robuste pour aller dans l’eau, mais dont les dimensions et la finesse la rapprochent davantage d’une montre élégante que d’une traditionnelle montre-outil.
Ciel ou Sable, deux interprétations d’une même montre
Les deux déclinaisons reposent exactement sur la même architecture mais possèdent des personnalités assez différentes.
L’Ahoi neomatik Ciel adopte un cadran bleu très clair, associé à un bracelet textile bleu-noir. L’Ahoi neomatik Sable lui répond avec une teinte beaucoup plus chaude, légèrement dorée, et un bracelet textile gris clair. Dans les deux cas, une aiguille de petite seconde orange vient réveiller la composition. Les aiguilles principales rhodiées et les index reçoivent du Super-LumiNova.

Sur le papier, Ciel paraît naturellement plus fraîche et plus lumineuse tandis que Sable joue davantage la carte de la douceur. Mais cette dernière prend justement une autre dimension à l’automne. Ses tonalités beige et dorées s’accordent aisément aux couleurs de saison, tandis que la version Ciel apporte au contraire une touche lumineuse à des tenues plus sombres. Ce qui semblait être en juin un choix entre ciel et plage devient alors simplement un choix de caractère.
La véritable nouveauté est peut-être dans les proportions
Ces couleurs ne sont pas totalement nouvelles chez NOMOS. Ciel et Sable avaient déjà rejoint la famille Ahoi sur des modèles neomatik 38 date de 38,5 mm. Leur arrivée en 2026 dans cette déclinaison de 36,3 mm dépourvue de date modifie cependant sensiblement l’équilibre de la montre. Plusieurs observateurs ont d’ailleurs considéré ces proportions plus compactes et cette disparition du guichet comme l’évolution la plus intéressante de ces deux références.
Le cadran gagne en simplicité. Heures, minutes, petite seconde à 6 heures : rien de plus.

Une sobriété qui convient particulièrement bien au vocabulaire esthétique de NOMOS et qui permet aux couleurs de s’exprimer sans transformer la montre en exercice stylistique. Avec 36,3 mm de diamètre, nous sommes également loin de la surenchère dimensionnelle que la montre sportive a longtemps connue. L’Ahoi conserve toutefois les longues cornes caractéristiques de NOMOS, qui lui donnent davantage de présence au poignet que son diamètre pourrait le laisser penser.
200 mètres d’étanchéité dans seulement 9,1 mm
C’est probablement ici que l’Ahoi devient réellement intéressante. Avec son fond saphir, le boîtier affiche seulement 9,1 mm d’épaisseur. La variante à fond plein descend même à 9,0 mm. Dans les deux cas, l’étanchéité demeure de 20 atmosphères, soit 200 mètres, NOMOS indiquant explicitement que la montre peut être utilisée pour la plongée.

Cette combinaison est assez inhabituelle. La plupart des montres affichant une telle résistance à l’eau traduisent leurs aptitudes par une présence importante au poignet : boîtier épais, lunette tournante, couronne massive ou architecture volontairement démonstrative. Rien de tel ici.
L’Ahoi neomatik reste visuellement proche de l’univers habituel de NOMOS. Pourtant, la couronne est vissée et protégée, le fond est maintenu par six vis et le verre saphir bombé bénéficie d’un traitement antireflet sur ses deux faces. La maison résume elle-même assez bien cette philosophie : une montre robuste là où elle doit l’être, raffinée partout ailleurs.
Un petit cercle rouge qui évite une grosse erreur
Un détail mérite également que l’on s’y attarde. La couronne vissée comporte un anneau rouge de sécurité. Tant que celui-ci reste visible, la couronne n’est pas complètement serrée et la montre ne doit pas être immergée. Il suffit alors de poursuivre le vissage pour la mettre en condition d’affronter l’eau.
Le principe est simple, immédiatement compréhensible et plutôt astucieux. Sur les fonds de boîte, une petite baleine gravée rappelle par ailleurs les capacités aquatiques de l’Ahoi. NOMOS utilise précisément ce symbole pour signaler son étanchéité de 200 mètres. Nous sommes donc bien en présence d’une montre sportive capable, même si son apparence ne cherche jamais à le proclamer.

DUW 3001 : la mécanique au service de la finesse
La minceur du boîtier doit beaucoup au mouvement qui l’anime.
Le DUW 3001 est un calibre automatique conçu et fabriqué par NOMOS à Glashütte. Il ne mesure que 3,2 mm d’épaisseur pour 28,8 mm de diamètre, possède 37 rubis et offre jusqu’à 43 heures de réserve de marche. Cette faible hauteur permet précisément à la manufacture de proposer une automatique sportive de 200 mètres d’étanchéité tout en maintenant son boîtier autour des 9 mm.

Le mouvement reçoit également le NOMOS swing system, le système de réglage DUW et un rotor à remontage bidirectionnel. Il est ajusté dans six positions. Côté décoration, on retrouve les codes de Glashütte avec platine trois-quarts, côtes de Glashütte, perlage NOMOS et vis bleuies. Choisir le fond saphir permet évidemment de profiter de ce spectacle. Choisir le fond acier permet de gagner un dixième de millimètre,… et 300 euros.
Une sportive qui ne ressemble pas à une sportive
C’est finalement là que se trouve la singularité de cette Ahoi.
Elle ne cherche pas à reproduire les codes de la montre de plongée, pas plus qu’elle ne tente de ressembler à une montre de sport à bracelet intégré ou à une pièce technique surdimensionnée. Elle applique plutôt les codes de NOMOS à un cahier des charges sportif.


Un diamètre contenu. Un cadran très lisible. Une petite seconde. Un boîtier particulièrement fin. Un bracelet textile résistant à l’eau. Et derrière cette apparente simplicité, une couronne vissée et 200 mètres d’étanchéité. Le bracelet lui-même participe à cette volonté de polyvalence. Fabriqué sur mesure en France pour NOMOS, il est tissé, résistant à l’eau et conçu pour être porté aussi bien au quotidien que pour la baignade. L’idée n’est donc plus vraiment de passer directement de la plage au dîner. En octobre, elle pourrait davantage consister à passer d’une sortie à vélo à une réunion, d’un week-end à une semaine de travail, ou simplement d’un pull à une chemise sans avoir à se demander si la montre est encore adaptée.
Une Ahoi arrivée à maturité
La famille Ahoi n’est d’ailleurs pas nouvelle.
Elle était déjà distinguée en 2013 dans la catégorie « Dynamique sportive », avant que l’Ahoi Atlantique ne décroche à son tour une première place dans la catégorie « Montre de sport » en 2015. Treize ans plus tard, les nouvelles Ciel et Sable ne révolutionnent donc pas la formule. Elles l’affinent.

La réduction du diamètre, l’absence de date et ces deux cadrans relativement doux rendent peut-être même plus lisible l’idée qui se cache derrière l’Ahoi depuis ses débuts : faire une vraie montre de sport sans lui donner nécessairement l’apparence d’une montre de sport.
Ciel ou Sable ?
Reste évidemment à choisir.
Ciel est probablement la plus immédiatement identifiable. Son cadran bleu clair contraste avec le bracelet bleu-noir et l’orange de la petite seconde. Elle apporte une touche de couleur sans devenir exubérante.

Sable est plus discrète et peut-être plus inattendue. Son cadran doré légèrement scintillant change avec la lumière et s’inscrit particulièrement bien dans un registre plus habillé. NOMOS souligne d’ailleurs elle-même les variations que procure sa surface en fonction de l’éclairage.

Deux approches différentes, mais une même proposition. Et avec quelques mois de recul depuis leur présentation, c’est probablement celle-ci qu’il faut retenir : les Ahoi neomatik Ciel et Sable ne sont pas des montres d’été. Ce sont des montres de tous les jours auxquelles NOMOS a simplement donné des couleurs.
Fiche technique – NOMOS Ahoi neomatik Ciel et Sable
Boîtier : acier inoxydable
Diamètre : 36,3 mm
Épaisseur : 9,1 mm avec fond saphir ; 9,0 mm avec fond acier
Verre : saphir bombé, traitement antireflet intérieur et extérieur
Couronne : vissée avec protège-couronne et anneau rouge de sécurité
Étanchéité : 20 ATM / 200 mètres
Mouvement : calibre manufacture automatique NOMOS DUW 3001
Dimensions du mouvement : 28,8 mm × 3,2 mm
Rubis : 37
Réserve de marche : jusqu’à 43 heures
Fonctions : heures, minutes, petite seconde, stop-seconde
Bracelet Ciel : textile bleu-noir, tissé, résistant à l’eau
Bracelet Sable : textile gris clair, tissé, résistant à l’eau
Entre-cornes : 18 mm
Références Ciel : 568 avec fond saphir / 568.SB avec fond acier
Références Sable : 569 avec fond saphir / 569.SB avec fond acier 568.


Prix et disponibilité
NOMOS affiche en France les Ahoi neomatik Ciel et Sable à partir de 3 260 € avec fond acier. Les références avec fond saphir sont proposées à 3 560 €. Les deux modèles figurent actuellement au catalogue français de la manufacture.



Laisser un commentaire