
Présentée pour la première fois lors du Watches & Wonders 2026, la Complexity s’impose immédiatement comme la pièce la plus ambitieuse jamais dévoilée par ArtyA Genève. Une création qui ne se contente pas d’ajouter une complication supplémentaire à l’arsenal horloger, mais qui redéfinit en profondeur notre compréhension même de la régulation du temps.
Car dans l’univers feutré de la haute horlogerie, certaines architectures ne relèvent plus de la complication, mais de la démonstration absolue. Le double tourbillon incliné de la Complexity appartient à cette catégorie rare.
Une première mondiale qui bouscule les fondements du tourbillon

Depuis son invention par Abraham-Louis Breguet en 1801, le tourbillon n’a cessé d’évoluer, explorant différentes configurations pour améliorer la précision en compensant les effets de la gravité.
Mais dans sa forme classique, l’axe du balancier décrit une trajectoire cylindrique. Le tourbillon incliné, ou Cônillon, introduit une rupture fondamentale : ici, l’axe suit une trajectoire conique, permettant de corriger simultanément plusieurs positions verticales.
Avec la Complexity, ArtyA pousse ce principe à son paroxysme en associant deux tourbillons inclinés, positionnés à midi et 6 heures. Une configuration totalement inédite, où aucun des axes du balancier, de la cage et de l’ancre n’est parallèle.
Le résultat n’est pas seulement spectaculaire. Il est conceptuellement radical.
Le différentiel, cœur invisible de la précision

Si cette architecture fascine visuellement, elle repose avant tout sur une mécanique d’une extrême rigueur. Au centre du dispositif, un différentiel assure la distribution parfaitement équilibrée de l’énergie entre les deux tourbillons inclinés.
Sans ce mécanisme, la moindre variation de couple entraînerait des écarts de marche entre les deux organes réglants. Avec lui, chaque cage reçoit une énergie identique en permanence, permettant une moyenne cinématique des erreurs.
Autrement dit, la montre ne se contente pas de corriger les effets de la gravité : elle les neutralise de manière globale, dans toutes les positions du poignet.
Une approche à 360 degrés de la chronométrie.
Dans la lignée des grands maîtres du tourbillon moderne

L’architecture de la Complexity s’inscrit dans la continuité des travaux de Eric Coudray, figure majeure des tourbillons multi-axes et notamment à l’origine du gyrotourbillon.
Mais là où ces constructions exploraient la multiplication des axes, ArtyA introduit ici une lecture différente, fondée sur l’inclinaison et la dualité. Une approche qui trouve ses racines historiques dans les travaux d’Andrew Holden Potter au XIXe siècle, tout en les projetant dans une dimension contemporaine.
Un mouvement d’exception au service d’une vision

Pour donner vie à cette architecture hors normes, ArtyA s’est associée à la manufacture Purtec Sarl, reconnue pour son expertise dans les complications innovantes.
Le calibre Complexity-01, composé de 287 éléments et 44 rubis, incarne cette quête d’excellence. Battant à 21 600 alternances par heure, il offre une réserve de marche de 50 heures et repose sur une construction pensée pour absorber les contraintes d’un double tourbillon incliné.
Chaque Cônillon effectue une rotation complète en 30 secondes, avec des sens de rotation volontairement décalés, créant un spectacle mécanique presque hypnotique.
Une chorégraphie parfaitement maîtrisée.
Une sculpture mécanique pensée pour être contemplée

“Une extrême et spectaculaire sculpture mécanique”. Les mots de Yvan Arpa traduisent parfaitement l’intention derrière la Complexity.
Car ici, la mécanique ne se cache pas. Elle s’expose.
Le boîtier en saphir, signature d’ArtyA depuis plus de quinze ans, agit comme une vitrine totale sur le mouvement. Usiné pendant plus de 120 heures puis poli durant 140 heures, ce cristal synthétique atteint un niveau de transparence absolu.
Sa forme organique, avec carrure triple-concave et dômes optiques à midi et 6 heures, n’est pas qu’esthétique. Elle amplifie la perception de profondeur et transforme les tourbillons en véritables sculptures en mouvement.
Chaque détail est visible. Chaque rotation devient lisible.
Un design au service de la mécanique

Pensée par Jérémie Arpa, la Complexity est le fruit d’une vision familiale où design et mécanique se construisent simultanément.
Le cadran, proposé en version Griffe ou Mat, joue sur les textures et la lumière. Gravé en 3D ou traité en surface veloutée, il sert d’écrin aux index polis miroir, tout en laissant la vedette aux organes régulateurs.
Le bracelet en caoutchouc intégré prolonge cette cohérence esthétique, assurant confort et modernité à une pièce pourtant d’une complexité extrême.
Une édition confidentielle pour collectionneurs avertis

Produite à seulement neuf exemplaires, la Complexity s’adresse à un cercle très restreint d’amateurs de haute horlogerie.
Proposée en version saphir transparent ou en rubis synthétique “sang de pigeon”, elle affiche des tarifs à la hauteur de sa singularité : 190 000 CHF pour la version saphir et 220 000 CHF pour la déclinaison rubis.
Mais au-delà du prix, c’est surtout la rareté conceptuelle qui définit cette pièce.
Conclusion : une nouvelle dimension de la haute horlogerie

Avec la Complexity, ArtyA ne signe pas simplement une montre exceptionnelle. La maison propose une nouvelle lecture du tourbillon, une nouvelle manière d’aborder la précision, et surtout une nouvelle façon de penser la mécanique horlogère.
Entre héritage, innovation et audace, cette création s’impose comme l’une des propositions les plus radicales de ces dernières années.
Une montre qui ne se contente pas de mesurer le temps, mais qui le défie, sous tous les angles.



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