Cette dernière propose aujourd’hui 4 collections :
– La 1681, modèle classique avec boîte en or équipé du mouvement de manufacture JR1000
– L’Aeroscope, chronographe sportif équipé du mouvement JR66
– L’Aquascope, chronomètre de plongée étanche à 300m équipé du mouvement JR60
– La Terrascope, chronomètre sportif pour un usage quotidien et en toutes circonstances.
Dans cette dernière collection, à Bâle, cette année, un des nouveaux modèles m’a fortement marqué. Un modèle hors du commun, très original, voire complètement décalé.
Il s’agit de la Graphiscope.
Cette montre vient à contre-courant de ce qui est proposé actuellement dans l’industrie horlogère. Elle fait fi de l’uniformisation imposée par les codes du luxe pour jouer à fond la provocation et l’impertinence. Ce qui m’a absolument charmé !
Sitôt rentré à Paris, j’ai soumis les clichés que j’en avais faits à mon entourage. Le résultat faisait apparaître un véritable clivage entre deux catégories de personnes consultées. D’un côté les amateurs et collectionneurs de montres, et de l’autre un public non initié à la chose horlogère.
Les collectionneurs et amateurs de montres sont tellement rigoureux, voire « sérieux » dans leur approche horlogère qu’ils ne semblent pouvoir se détacher facilement et nécessairement de leurs habitudes pour apprécier une montre décalée au point d’être perçue comme enfantine. Ils se placent immédiatement en acquéreurs potentiels et ont du mal à considérer un « accès horloger » spontané / plaisir alors que depuis le début de leurs collections ils appréhendent la chose horlogère de façon patrimoniale. Bien entendu, il s’agit là de l’analyse subjective d’une tendance tirée d’un sondage effectué qu’il serait fortuit de généraliser.
A contrario, mes amis et autre entourage que je qualifierais de « grand public », c’est-à-dire non initiés à la chose horlogère, ont été absolument conquis par cette Graphiscope. Plutôt habitués à me voir porter des montres plus discrètes, voire comparativement « ordinaires », ils ont trouvé cette montre très intéressante. Le mot régulièrement usité pour la qualifier est « fun ». Cette montre portée au poignet en début de période estivale semble bien à propos. Les couleurs vives associées à un cadran blanc sur ce boîtier de 44mm de diamètre sont un appel aux vacances selon eux. Elle tranche bien avec la morosité ambiante, au point que certains m’ont demandé où ils pourraient l’acquérir. Les adresses ont été données, attendons de vérifier le véritable effet de la montre…
Sachant que les amateurs et collectionneurs représentent un pourcentage faible des clients de l’horlogerie, bien que leur avis soit important du fait de leur rôle de prescripteurs, cette montre semble avoir trouvé son public. Afin d’être assuré d’un beau succès commercial pour la marque, il est à espérer qu’elle sera proposée chez les concessionnaires proche des lieux de villégiature de l’été prochain. Me concernant, j’ai pris un énorme plaisir à la porter. Elle m’a donné envie de porter des vêtements de couleur et de profiter de mes moments de loisirs.
Plage, piscine, 2 roues et balades furent au programme lorsque je l’avais au poignet. J’estime que c’est une montre qui donne le sourire. Elle est gaie, colorée, et « peu sérieuse » dans l’image qu’elle dégage. Cependant, lorsque l’on s’approche de l’objet et qu’on commence à l’observer par le prisme de l’horlogerie, on peut la voir totalement différemment.
Vert, rouge, bleu, et noir sont les 4 couleurs utilisées pour cette montre. Plus qu’un patchwork esthétique, celle coloration à outrance est une démonstration de ce qui fait la force de JEANRICHARD aujourd’hui : la modularité de son boîtier.
En février dernier nous avions publié un article à propos d’une rencontre avec la marque JEANRICHARD dans lequel il était expliqué :
La conception du boîtier de ces montres est très astucieuse. Composé de nombreuses parties indépendantes dont les 2 brancards vissés sur la carrure, sa conception modulaire permet, sinon une personnalisation, au moins une grande diversité créative. Cela se vérifie sur les différents modèles de la collection équipés de ce boîtier de forme « coussin ».
Avec cette Graphiscope, JEANRICHARD a tenu sa promesse de grande diversité créative. Toutes ces parties colorées sont indépendantes les unes des autres. Et bien plus encore… Cela autoriserait à la marque, dans l’absolu, une production industrialisée associée à une créativité proche de la personnalisation. Il s’agit là d’une véritable prouesse et d’une démonstration de la conception modulaire du boîtier des montres JEANRICHARD.
Cette montre n’est donc pas qu’un effet de style. Elle dépasse le simple aspect esthétique du « j’aime / j’aime pas » et vise à démontrer un savoir-faire qui devrait être le premier acte d’une longue série à venir.
Après plusieurs jours au porté, ma première impression est confirmée : J’aime !
Mais plus que cela, j’apprécie ! J’apprécie la conception de la montre, j’apprécie son ergonomie, j’apprécie l’alternance de poli brossé et de poli miroir, j’apprécie le cadran en deux parties, j’apprécie la lisibilité immédiate de l’heure, j’apprécie les aiguilles et index traités PVD bleu, j’apprécie l’absence visuelle des éléments traités PVD noir, j’apprécie le caoutchouc du bracelet m’autorisant la perspective de pouvoir en changer (vert ou rouge par exemple) selon la couleur de mes Converse, j’apprécie le côté décontracté de cette montre qui, au milieu de ma collection, me donne envie de la passer au poignet dés les premiers rayons de soleil.
En appréciant cette montre je ne renie pas les autres que j’aime tout autant et pour d’autres raisons. Mais cette Graphiscope apporte une touche de couleurs et de singularité dans une production horlogère qui, bien que passionnante, parfois oublie un peu de nous donner le sourire. Elle vient combler un vide en élargissant le champ des possibles. Bravo JEANRICHARD ! Et merci.
Thierry Gasquez
Président
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