À la mi-août, les montres semblent parfois avoir une autre façon de donner l’heure. Celle d’un avion à attraper, d’un train qui descend vers le Sud, d’un dîner réservé sur une île méditerranéenne ou d’un appel passé à ceux restés à plusieurs milliers de kilomètres. Pour ces moments où les fuseaux horaires cessent d’être une abstraction, NOMOS Glashütte possède une réponse particulièrement horlogère : la montre de voyage. Et avec sa récente Club Sport neomatik Worldtimer, la manufacture allemande en livre sans doute aujourd’hui l’interprétation la plus aboutie.

Il existe des complications que l’on admire davantage qu’on ne les utilise. Et puis il y a celles dont l’intérêt devient évident dès que l’on franchit une frontière. GMT, second fuseau, heure universelle : derrière des architectures mécaniques différentes se cache une même idée. Continuer à savoir quelle heure il est « ici », sans perdre de vue l’heure de « là-bas ». Une préoccupation particulièrement appropriée en cette période de « mi-août », lorsqu’une partie des poignets français change provisoirement de latitude, parfois de continent et, avec un peu de chance, de rythme. Chez NOMOS Glashütte, l’exercice n’a pourtant rien d’un prétexte à multiplier les indications. La marque allemande reste fidèle à l’une de ses obsessions historiques : rendre simple ce qui ne l’est pas.
De Glashütte au reste du monde
Fondée en 1990 par Roland Schwertner, NOMOS est une entreprise indépendante installée à Glashütte, berceau historique de l’horlogerie allemande. La marque y développe et produit ses propres calibres et pousse très loin son intégration industrielle, jusqu’à son échappement propriétaire, le NOMOS Swing System.

Cette maîtrise mécanique n’a jamais empêché une certaine retenue esthétique. Au contraire. Chez NOMOS, la sophistication aime se faire discrète. C’est précisément ce qui rend ses montres de voyage intéressantes. Plutôt que d’exhiber la complexité de leur mécanique, elles cherchent à l’effacer derrière une utilisation presque instinctive. La gamme dédiée à cet exercice compte aujourd’hui trois interprétations : Club Sport neomatik Worldtimer, Zürich Worldtimer et Tangomat GMT. Trois montres, trois personnalités et trois manières de voyager.



Et pour les vacances d’été, l’une d’elles prend naturellement une longueur d’avance.
Club Sport neomatik Worldtimer : la montre qui pourrait ne pas quitter le poignet des vacances
Présentée en 2025, la Club Sport neomatik Worldtimer a apporté quelque chose qui manquait encore à l’univers des montres de voyage NOMOS : une vraie dimension sportive. Le propos semble presque évident une fois la montre au poignet.

Son boîtier en acier mesure 40 mm de diamètre pour seulement 9,9 mm d’épaisseur. Sa couronne est vissée, son bracelet métallique intégré participe à son caractère robuste et l’ensemble offre une étanchéité à 10 atm, suffisante pour conserver la montre au poignet lors d’une baignade. Les aiguilles, chiffres et index bénéficient par ailleurs de Super-LumiNova pour demeurer lisibles lorsque la lumière décline.

Voilà donc une worldtimer qui peut accompagner le voyageur de l’aéroport à la plage, de la piscine à une terrasse, avant de se glisser sous une manche pour le dîner. Cette polyvalence change beaucoup de choses. Car la meilleure montre de voyage n’est pas nécessairement celle qui affiche le plus d’informations. C’est d’abord celle que l’on n’a pas besoin d’enlever.
Un clic et le voyage continue
Le fonctionnement est à l’image de NOMOS.
Autour du cadran court un disque des villes matérialisant les différents fuseaux horaires. Le poussoir placé à 2 heures permet de passer de l’un à l’autre : une pression fait avancer l’heure locale d’un fuseau. Pendant ce temps, le compteur placé à 3 heures conserve l’heure de référence sur 24 heures, avec une distinction jour/nuit particulièrement appréciable lorsque quelques milliers de kilomètres séparent le lieu de villégiature du domicile.

Quitter Paris, atterrir à New York et adapter sa montre ne demande ainsi ni arrêt du mouvement ni longues manipulations de couronne. Un clic après l’autre, l’heure locale accompagne simplement le voyage. C’est peut-être là que réside la véritable réussite de cette montre : la complication disparaît derrière l’usage. Un petit détail mérite également d’être signalé. Un anneau rouge apparaît au niveau de la couronne tant que celle-ci n’est pas complètement vissée. Une manière particulièrement intelligente de rappeler au propriétaire que l’étanchéité annoncée à 10 atm suppose naturellement que la couronne soit correctement fermée.
Sur une montre susceptible de passer du transat à l’eau sans transition, l’attention est loin d’être anecdotique.
DUW 3202 : 4,8 millimètres pour faire le tour du monde
La prouesse se trouve naturellement aussi côté mouvement.
La Club Sport neomatik Worldtimer embarque le calibre automatique manufacture DUW 3202, dont la complication heure universelle est directement intégrée au rouage et non ajoutée sous la forme d’un module supplémentaire.
Le mouvement ne mesure que 4,8 mm d’épaisseur pour 31 mm de diamètre et offre environ 42 heures de réserve de marche. Cette finesse explique en grande partie comment NOMOS est parvenu à maintenir l’épaisseur totale de la montre sous la barre des dix millimètres malgré la présence de la complication.

C’est un élément déterminant.
Les montres à heure universelle deviennent facilement épaisses. Or la finesse participe ici autant à l’élégance qu’au confort. Avec ses 9,9 mm, la Club Sport conserve les proportions d’une montre que l’on peut réellement porter toute la journée. Le jury du Red Dot Design Award ne s’y est d’ailleurs pas trompé. Dans son appréciation, il a précisément salué cette association inhabituelle entre faible épaisseur, complexité mécanique et facilité d’utilisation. La version Silver a reçu en 2026 le Red Dot: Best of the Best, après avoir déjà obtenu un iF Design Award la même année.
Deux récompenses majeures en quelques mois pour une montre apparue seulement l’année précédente.
Le design selon NOMOS : beaucoup d’informations, jamais de confusion
Restait un problème : faire entrer le monde sur un cadran de 40 mm sans transformer celui-ci en tableau de bord. C’est probablement ici que le travail du designer Michael Paul et des équipes NOMOS prend tout son sens. Disque des villes, minuterie, index, chiffres, heures et minutes centrales, petite seconde, affichage 24 heures, indication jour/nuit… La quantité d’informations est importante. Pourtant, aucune ne semble vouloir prendre le dessus sur les autres.

Le cadran Silver joue ainsi sur un fond rhodié soleillé, une couronne des villes bleue et quelques accents rouges. Le Red Dot souligne d’ailleurs le soin apporté à la hiérarchie visuelle et à l’équilibre entre les différents niveaux d’information.
La complication devient presque graphique. Et c’est sans doute très NOMOS : faire en sorte que l’utilisateur comprenne d’abord la montre avant de chercher à comprendre son mouvement.
Zürich Worldtimer : voyager en costume
Tous les voyages ne conduisent cependant pas à une plage.
Pour ceux dont la destination est davantage Singapour, Londres ou Tokyo avec une chemise dans la valise et quelques rendez-vous dans l’agenda, NOMOS conserve au catalogue une interprétation plus habillée de l’heure universelle : la Zürich Worldtimer. Son boîtier en acier mesure 39,9 mm de diamètre pour 10,9 mm d’épaisseur. Les cornes incurvées, les aiguilles facettées et le bracelet en Shell Cordovan lui donnent une allure plus classique que celle de la Club Sport. Son étanchéité est de 5 atm. Là encore, le changement de fuseau se fait par poussoir. Le disque des villes est intégré au cadran et l’affichage 24 heures permet de conserver un second repère temporel.

À l’intérieur bat le DUW 5201, calibre automatique manufacture de 5,7 mm d’épaisseur doté du NOMOS Swing System et offrant jusqu’à 42 heures de réserve de marche. La philosophie est différente. La Club Sport semble prête à sauter dans un avion avec un polo et un maillot de bain dans le bagage cabine. La Zürich préfère que le passeport voyage dans la poche intérieure d’une veste.

Mais toutes deux parlent le même langage mécanique.
Tangomat GMT : l’essentiel, et rien de plus
La troisième voyageuse de la famille s’adresse sans doute aux amateurs de NOMOS les plus attachés à la sobriété historique de la maison. La Tangomat GMT reprend les lignes immédiatement reconnaissables de la famille Tangente : cadran clair, typographie dépouillée, aiguilles bleuies et longues cornes anguleuses. L’heure universelle se signale ici par des codes correspondant aux fuseaux horaires et par l’indication du second fuseau. Une pression sur le poussoir permet de passer de l’un à l’autre.


Son boîtier de 40 mm de diamètre et 10,9 mm d’épaisseur accueille lui aussi le calibre automatique DUW 5201. Sa résistance à l’eau de 3 atm la destine néanmoins davantage à l’avion, au train et aux escapades urbaines qu’aux activités aquatiques. C’est probablement la plus intellectuelle des trois. La plus proche aussi de l’identité originelle de NOMOS : une montre extrêmement sobre qui ne révèle sa sophistication qu’à celui qui prend le temps de l’observer.

Trois montres, trois manières de partir
C’est finalement là que la collection NOMOS consacrée au voyage devient intéressante. Tangomat GMT s’adresse au puriste. Zürich Worldtimer au voyageur qui souhaite conserver une certaine élégance classique. Et Club Sport neomatik Worldtimer à celui qui aimerait partir avec une seule montre. Une seule pour prendre l’avion. Une seule pour marcher toute la journée dans une ville étrangère. Une seule pour nager. Une seule pour dîner. Et une seule pour savoir, au moment d’appeler ceux restés en France, s’il est vraiment raisonnable de faire sonner leur téléphone. Cette dernière semble particulièrement juste pour la période. À la mi-août, lorsque le costume reste au placard, que les journées s’allongent et que les agendas se vident, la haute complication horlogère peut elle aussi perdre un peu de sa solennité. Elle peut devenir pratique.

Les vacances comme meilleur banc d’essai
Une montre de voyage réussie ne devrait peut-être pas rappeler constamment à son propriétaire qu’il porte une complication. Elle devrait simplement lui faciliter la vie. C’est précisément ce que NOMOS semble avoir compris avec sa nouvelle génération de Worldtimer. La mécanique reste sophistiquée, la construction demeure profondément horlogère et la production est ancrée à Glashütte. Mais une fois la montre attachée au poignet, il ne reste plus qu’un poussoir sur lequel appuyer lorsque l’avion vient de se poser.
Avec son boîtier de moins de dix millimètres, son calibre manufacture, son étanchéité à 10 atm et son affichage d’un second fuseau sur 24 heures, la Club Sport neomatik Worldtimer transforme ainsi une complication traditionnelle en véritable montre de vacances. Et si l’on reconnaît souvent une bonne montre à sa capacité à faire oublier la technique qui l’anime, celle-ci réussit peut-être encore un autre exercice. Faire oublier l’heure que l’on vient de quitter, sans jamais vraiment la perdre de vue.



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