Ce que certaines montres racontent silencieusement des hommes

Cette story n’était pas seulement une story.
C’était un bout d’histoire.
Quelques jours plus tôt, lors d’un dîner, je tombais presque par hasard sur un livre intitulé Le Temps revisité. Il y a des hasards qui n’en sont pas tout à fait. Ils préparent parfois le regard avant même que l’objet n’apparaisse.
Puis il y eut cette rencontre avec Thierry Gasquez, un homme qui semble avancer sans bruit, en semant des graines : des liens, des idées, de la bienveillance, et cette confiance discrète que les choses finissent parfois par fleurir lorsqu’on leur laisse le temps.
Quand il m’a parlé de ce projet, je n’ai pas d’abord vu une montre. J’ai vu un geste : celui d’un homme qui, après quinze années passées à raconter l’horlogerie, accepte enfin d’y déposer quelque chose de lui-même.

Il existe des hommes qui collectionnent les montres. Et puis il existe ceux qui, un jour, finissent par créer celle qui raconte silencieusement leur propre histoire.
Pendant quinze ans, Thierry Gasquez et Passion Horlogère ont observé les cadrans, les mouvements, les héritages et les communautés de passionnés. Derrière cette patience horlogère, il y avait peut-être autre chose qu’une fidélité : une manière d’habiter le temps.
Car une montre n’est jamais seulement un objet technique. C’est un objet porté contre la peau, traversé par les jours, les absences, les rencontres et parfois les silences.
L’horlogerie masculine raconte souvent une tentative discrète : retenir le temps sans jamais pouvoir l’arrêter. Donner une forme matérielle à ce qui échappe.
“Le temps fera les choses”, dit-on souvent. Pourtant, certains hommes ne se contentent pas de l’attendre. Ils cherchent aussi à lui donner une forme.

Certaines montres disent la puissance. D’autres la nostalgie. D’autres encore cette vulnérabilité discrète des hommes qui cherchent, sans toujours le dire, une façon élégante de résister à l’effacement.
Il existe aussi des montres que l’on choisit de ne pas emporter avec soi. Non parce qu’elles ne comptent plus. Mais parce que certains objets continuent de contenir un temps auquel il faut parfois accepter de ne plus appartenir.
Comme si certains objets finissaient eux aussi par apprendre nos vies. Et parfois, à force de les accompagner, par en retenir quelque chose que nous ne savons plus toujours dire.

Dans un monde devenu instantané, numérique et volatile, cette collaboration entre Chronofixe et Passion Horlogère raconte finalement quelque chose de plus essentiel : notre besoin persistant de matière, de rituel et de continuité.
Le temps n’est jamais seulement ce qui passe. Il est aussi ce qui se dépose, ce qui se transforme, ce qui relie, dans l’invisible, un geste à une mémoire, un objet à un homme, une seconde à une forme d’infini.
— Déborah Elbaz



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